Nicolas MASSOT

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Submersion marine ou montée des eaux ?

La montée des eaux, également connue sous le nom d’élévation du niveau de la mer, se réfère à l’augmentation générale et graduelle du niveau moyen de la mer à l’échelle mondiale. Quant à elle, la submersion marine est une inondation passagère d’un littoral bas due à des conditions météorologiques et marégraphiques défavorables (tempêtes, marées coefficient 120, pression atmosphérique basse…). Plusieurs facteurs physiques sont à l’origine de son déclenchent, ces processus peuvent se superposer ou se succéder.

Les raisons derrière ces submersions marines sont principalement liées à une élévation temporaire du niveau de la mer lors de tempêtes ou cyclones (parfois des tsunamis en dehors des phénomènes météorologiques). Pendant les tempêtes, cette submersion est influencée par le niveau de la mer, lui-même déterminé par deux principaux processus :

  • La surélévation due à l’état de l’atmosphère : Lorsqu’une dépression se forme (tempête, cyclone…), le niveau de la mer est influencé par deux phénomènes :
    • La baisse de la pression atmosphérique, entraînant une élévation du plan d’eau, souvent appelée « baromètre inversé« , provoquant environ 1 cm d’élévation par hectopascal de baisse de pression atmosphérique.
    • L’effet du vent, qui en fonction de sa vitesse, direction et des fonds marins, peut accumuler de l’eau le long des côtes.
  • La surélévation due aux vagues (« wave-setup« ) : Quand les vagues approchent la côte, leur énergie est transférée à la colonne d’eau, provoquant le déferlement et une accumulation d’eau contre la côte, créant une élévation locale pouvant atteindre plusieurs dizaines de centimètres.

Le niveau moyen de la mer pendant une tempête résulte de ces deux contributions, combinées avec l’effet de la marée astronomique. En France métropolitaine, les côtes de la Manche-Atlantique ont une marée semi-diurne (2 cycles de marée par jour) et macro-tidale (plusieurs mètres de variation, atteignant plus de 13 m dans la Baie du Mont-Saint-Michel), tandis que les côtes méditerranéennes ont une marée microtidale (quelques décimètres seulement).

 

En fin de compte, le niveau d’eau près de la côte dépend également du mouvement des vagues sur le rivage (flux et reflux), appelé jet de rive. La hauteur maximale du jet de rive est parfois appelée hauteur de run-up par rapport à un niveau de référence.

Figure n°11 : Synthèse des processus qui contribuent à la surcote et au niveau de la mer durant une tempête. Source : BRGM

Concernant les processus des submersions marines, trois principaux se distinguent et peuvent interagir ou se succéder pendant une tempête :

  1. Le débordement : Une élévation du niveau moyen de la mer au-dessus de l’altitude maximale du terrain ou des ouvrages de protection. Cela entraîne un déversement d’eau de mer dans les zones basses derrière ces protections, dépendant de divers facteurs.
  2. Le franchissement par paquets de mer : Des vagues passent par-dessus des protections naturelles ou artificielles, provoquant des inondations dans les zones basses derrière ces protections. Ce processus survient lorsque le niveau statique de la mer est suffisamment élevé pour dépasser les protections et que les vagues restent importantes.
  3. La défaillance des protections côtières : Lorsque les protections (naturelles ou artificielles) cèdent sous les impacts répétés des vagues ou suite à l’érosion due à un débordement. Cela peut causer d’importantes submersions derrière les protections.
Figure n°12 : Exemples de chronologies possibles dans les processus de submersion marines (Franchissements par paquets de mer, Débordement, défaillance des protections côtières). Source BRGM.

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