À présent, précisons les facteurs de la montée des eaux. Ces facteurs sont multiples :
Les vents, les marées, la pression atmosphériques (…) sont aussi à prendre en compte, mais ont un impact sur des fenêtres de temps plus courtes.
Tous ces facteurs sont bien résumés dans cette illustration-ci :
Le GIEC met a établi des scénarios mondiaux d’élévation du niveau de la mer, selon une classe de probabilité, et une échéance.
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2050-2070 |
Vers 2100 |
Entre 2150 et au-delà |
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Plus de 10 m |
Extrêmement improbable |
Extrêmement improbable |
Supposerait une contribution de la partie la plus stable de la calotte Antarctique. |
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De 2 à 10 m |
Extrêmement improbable |
Très peu probable |
Possible : suppose la fonte de larges parties des calottes du Groenland et de l’Antarctique Ouest |
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De 1 à 2 m |
Extrêmement improbable |
Possible : suppose une contribution des calottes du Groenland et de l’Antarctique Ouest |
Possible : suppose une contribution des calottes du Groenland et de l’Antarctique Ouest |
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De 50 cm 1m |
Peu probable |
Probable pour le scénario de changement climatique RCP 8.5 (poursuite des émissions de gaz à effet de serre) |
Possible |
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De 20 cm à 50 cm |
Probable |
Probable pour des scénarios de changement climatique RCP 2.6 (forte réduction des émissions de gaz à effet de serre) |
Possible |
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Moins de 20 cm |
Peu probable |
Peu probable |
Supposerait une baisse du niveau de la mer après 2100 |
Le but final de ce travail est de simuler la montée des eaux en France. Vous trouverez ci-dessous la carte qui va simuler cette montée des eaux en France métropolitaine (hors Corse).
Cette carte de montée des eaux sur toute la France permet d’avoir une visualisation harmonisée sur tout le littoral français, et ainsi de pouvoir quantifier localement les impacts, et comparer les zones touchées. Dans cette carte interactive, nous avons décidé de montrer la montée des eaux entre 1 et 5 mètres.
Vous pouvez également ajouter la couche du Corine Land Cover de l’Agence Européenne de l’Environnement, qui est une des cartes référente dans la représentation des occupations des sols. Elle permet de se faire une idée des zones à enjeux, notamment les tissus urbains, les zones industrielles, les zones portuaires,…
Vous avez ici la version I-Frame, mais nous vous conseillons de cliquer sur le lien ci-dessous pour visualiser la carte en grand écran de manière plus fluide.
→ Cartographie interactive : https://nicolasmassot.fr/wp-content/uploads/2023/12/CARTE_SEA_LEVEL_CLC.html
À ce propos, avant de vous déplacer dans la carte, veillez à désactiver les couches des montées des eaux.
Cliquez ici pour avoir la légende complète du Corine Land Cover :
D’un point de vue méthodologique, la source de donnée principale est l’IGN BD ALTI®️ 25m. J’ai pris les MNT des départements côtiers. La première étape a été de fusionner les couches raster. Impossible de toutes les charger sur QGIS, donc je les ai fusionnés simplement en appelant les chemins des fichiers dans l’interface QGIS. Ensuite, j’ai pris le trait de côte du Service Hydrographique et océanographique de la Marine (shom), qui est très précis. Après vérifications, j’ai vu qu’à l’endroit où l’inondation était la plus flagrante (la Camargue), l’eau ne dépassait pas les 30 km du front de mer. Sur ma couche du trait de côte, j’ai donc fait un buffer à 40 km avec lequel j’ai coupé les MNT fusionné. Puis, dans la calculatrice raster, j’ai séparé les pixels dont la valeur était inférieure ou égale à n (n=[1, 2, 3, 4,5]), j’ai polygonisé le raster de sortie, puis j’ai enlevé les polygones ayant le DN = 0 (False). Ensuite, j’ai fait un autre buffer à 10 mètres du trait de côte pour pouvoir faire une sélection par localisation des polygones de montée des eaux retenus qui intersectaient mon trait de côte. J’ai inversé la sélection et ainsi, j’ai pu supprimer les zones inférieures à n mètres qui ne touchaient pas le rivage, et qui ne pouvaient donc pas être inondées. Pour ces deux dernières étapes, il faut répéter l’opération n fois. Finalement j’obtiens cinq fichiers shapefile qui montrent la montée des eaux de 1 à 5m.
Ensuite, on passe sur la partie programmation. J’ai codé mon programme Python sur Spyder avec les packages geopandas, folium et IPython.display. Je me suis aidé de Chat-GPT et Bard pour la programmation. Ensuite, pour mieux voir les zones à enjeux, j’ai ajouté le flux WMS du Corine Land Cover via l’IGN sur ma carte. Cela permet de superposer l’occupation du sol avec les zones submergées à n mètre(s). Le tout me donne un code d’une cinquantaine de lignes que j’ai pu héberger sur un serveur privé.
J’ai également fait une version en R de mon programme, mais le résultat est sensiblement le même.
Vous pouvez avoir accès à mon programme en python (et R) et aux données géographiques ici :
https://drive.google.com/drive/folders/1OfW_4lhwt1xT9PH99xvBb6bXVacJSHxz?usp=sharing
Bien qu’utile pour donner un ordre d’idée des zones impactées par la montée des eaux, ce modèle présente toutefois quelques limites :
Nous finirons ce développement en précisant que les territoires ne sont pas égaux face à la montée des eaux. En effet, selon les modèles de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), l’élévation du niveau de la mer présentera une forte variabilité « régionale » qui est due au réchauffement inhomogène de l’océan et aux déformations de la terre solide, du champ de gravité et des paramètres orbitaux de la terre.
Après avoir fait un état de l’art national de la montée des eaux, dirigez-vous vers le site de Tia Cibrario qui traitera la question des impacts environnementaux. Ce site permet de se questionner sur les conséquences environnementales de la montée des eaux au travers de différents sujets, des habitats côtiers, des intrusions d’eau salée dans les terres et les états insulaires menacés.
→ https://tiacibrario.wixsite.com/mont-e-des-eaux-et-c
Le site de Tia : Après ça, visitez le site de Yoan CEBE qui parlera des enjeux humains et économiques qui se cachent derrière la montée des eaux.