Le café. La boisson reine du petit déjeuner. Elle est la boisson la plus consommée au monde après l’eau, ayant aujourd’hui une production annuelle de 10 millions de tonnes, contre 4 millions pour le thé, qui arrive en troisième place. Cependant, ces chiffres représentent un tonnage faible par rapport aux produits qui dominent le marché agricole mondial. Par exemple, le blé représente 792 millions de tonnes et est seulement la troisième production agricole mondiale, loin derrière la canne à sucre (1 978 millions de tonnes en 2020) et le riz (970 millions de tonnes à la même date). La production de café est néanmoins source d’externalités pour les pays producteurs.
Le saviez-vous ?
Voici comment se réparti la production :
En effet, il est un des produits de consommation le plus mondialisé : 80% de la production est exportée. Comme dit dans le livre de Christian Grataloup, Le monde dans nos tasses, trois siècles de petit déjeuner, « ceux qui le boivent ne le produisent pas, ceux qui le produisent ne le boivent guère, à l’exception du Brésil ». Cette phrase résume bien la situation. Tandis que les pays consommateurs sont essentiellement les pays anciennement industrialisés, les pays producteurs se trouvent quasi exclusivement dans les faibles latitudes pour des raisons climatiques. En effet, le plant de café ne peut supporter des températures inférieures à 10°C.
Le Coffea Arabica est l’arbuste dont est issu le café. Il poussait à l’origine sur les plateaux montagneux éthiopiens, au-dessus de 1000 mètres d’altitude. L’arbuste, qui mesure entre deux et cinq mètres, produit un fruit, qu’on appelle la cerise du café, dans laquelle se trouve deux noyaux qui contiennent chacun un grain de café. Il existe deux espèces principales de caféiers : le Robusta et l’Arabica. Ce dernier représente 75% de la production totale de café. Il a un goût subtil et doux, avec les notes de fruits, de sucre brûlé et de chocolat, et contient peu de caféine. Il est originaire d’Éthiopie, dans l’ancienne région de Kaffa, mais au même titre que le Robusta, il est cultivé dans les régions équatoriales et subéquatoriales d’Amérique Latine, d’Afrique et d’Asie. Le Robusta, justement, est quant à lui originaire d’Afrique de l’Ouest. Il a un goût plus corsé, et contient deux à trois fois plus de caféine que l’Arabica
C’est à la manière des découvertes scientifiques fortuites que les effets psychotropes et stimulants du café auraient été révélés. Aussi, (tout comme le thé), une légende accompagne sa trouvaille. Selon ce récit, elle serait due à un berger éthiopien du nom de Kaldi, vivant sur les hauts plateaux de Kaffa, qui aurait remarqué que ses chèvres devenaient plus actives et alertes après avoir mangé des baies de caféier. Elles devenaient alors plus difficiles à contrôler. Intrigué par ces effets, Kaldi aurait goûté les baies lui-même et il aurait constaté qu’elles avaient un goût agréable et qu’elles le tenaient éveillé.
En effet, selon les études génétiques sur le caféier Coffea Arabica, il semblerait que l’origine du café se trouve en Éthiopie, dans la province de Kaffa, où il était consommé sous diverses formes (boisson et aliment) par les ancêtres des Oromos (groupe ethnique éthiopien), et ce, depuis la Préhistoire. Le café n’a été introduit au Yémen et dans le sud de la péninsule arabique, qu’au VIe siècle, via le port de Moka. À partir de là, le café a remonté la mer rouge, passant par Djeddah et la Mecque, et arrivant jusqu’au Caire, Suez, et Damas, comme indiqué sur l’animation.
Le saviez-vous ?
Le saviez vous : Dans le sud-ouest de l’Éthiopie, les paysans torréfiaient probablement les grains de café dans des braises avant de les broyer en une bouillie utilisée comme épice aux vertus médicinales, tout comme le cacao chez les Aztèques.
En effet, c’est bien la Mecque qui joue un rôle majeur dans l’expansion du café. Devenu monnaie courante au 16ᵉ siècle, les pèlerins musulmans de retour de la « Mère des cités » ont répandu la mode du café en Perse et dans diverses parties de l’Empire ottoman, en Égypte, en Afrique du Nord, en Syrie et en Turquie. En effet, les « maisons du café », sont des lieux de rencontre populaires, où l’on pouvait boire cette fameuse boisson ; et à l’instar des Forums romains, elle permettait un brassage social, à la manière des bars d’aujourd’hui, exit l’alcool, qui était déjà interdit par le Coran.
En effet, le Coran interdit tout mets intoxicants. Le gouverneur de la Mecque a réuni une délégation de médecins et de juristes afin de déterminer la conformité du café, au Coran. Après qu’un juriste ait affirmé qu’il était aussi « enivrant » que le vin, on supposa qu’il avait dû en consommer. Il a donc subi une lapidation, et le café fut interdit.
Toutefois, il était déjà trop tard. Le café avait déjà pris un rôle important dans le quotidien de chacun. Il jouait un rôle économique, politique, social (…), si bien que le sultan du Caire a décidé de faire fi de la décision du gouverneur de la Mecque, et autorisa sa consommation. De plus, le sultan Ottoman Selim 1er qui régnait sur la Turquie et Constantinople, conquis la Mecque et l’Egypte, et rendit sa légalité à ce breuvage. Finalement, « l’attrait pour cette boisson, qu’elle soit l’œuvre du Diable ou de Dieu, finit par l’emporter ».
Le saviez-vous ?
En 1583, Leonhard Rauwolf, un médecin allemand qui avait passé dix ans au Moyen-Orient, a été le premier Occidental à décrire le café comme étant « une boisson aussi noire que l’encre, utile contre de nombreux maux, en particulier les maux d’estomac ». Selon lui, « les consommateurs de café prennent cette boisson le matin, sans se cacher, dans une coupe en porcelaine qu’ils font passer de main en main et dans laquelle chacun prend une rasade sonore. Le café est composé d’eau et du fruit d’un arbuste appelé bunnu ». Ces commentaires ont attiré l’attention des marchands, qui, grâce à leur expérience dans le commerce des épices, sont sensibles à ce genre d’informations.
Aux alentours du XVIIème siècle, une liaison commerciale s’installe entre les pays musulmans producteurs de café, et des marchands vénitiens. Très vite, des commerçants et pharmaciens hollandais et anglais ramenèrent le café dans leur pays. Il est intéressant de noter que le schéma de diffusion du café en terre chrétienne a été le même (à quelques exceptions près) qu’à ses débuts en terre musulmane. En effet, là aussi, la question de la prohibition s’est aussi posée. Le pape Clément VIII, jugea que de laisser aux seuls infidèles le plaisir de cette boisson serait dommage. Ainsi, le café fut très apprécié par les moines pour les mêmes raisons qu’il l’est des imams, puisqu’il permet de rester éveillé lors des temps de prières. Aussi, au cours des années 1650, le café commence à être importé et consommé en Angleterre, et des cafés ouvrent à Oxford et à Londres. Ces cafés deviennent des lieux où les idées libérales sont discutées, car ils sont fréquentés par des philosophes et des lettrés. En 1676, l’agitation causée par ces échanges d’idées a incité le procureur du Roi en Angleterre à ordonner la fermeture des cafés, citant des crimes de lèse-majesté (atteinte au souverain) contre le roi Charles II et le royaume. Cet édit a suscité de fortes réactions et a dû être révoqué. Le café, en nourrissant les échanges d’idées, a profondément transformé le Royaume-Uni.
Comme souvent, la mode du café, fut un temps réservée aux élites. En effet, en France, la mode du café se diffusa selon le modèle du ruissellement. C’est le bourgmestre d’Amsterdam qui offrit un caféier à Louis XIV. Il fut cultivé dans les serres du Jardin du Roi. Ce dernier appréciait grandement cette boisson et la torréfiait lui-même. Ainsi, cette mode du café conquit la cour du roi, les nobles, les bourgeois, les commerçants, et enfin le reste du peuple. En effet, alors qu’on comptait plus de 2 000 cafés en Angleterre en 1700, il a fallu attendre la veille de la Révolution pour en avoir autant en France.
Ainsi, pour satisfaire l’inexorable augmentation de la demande en café, il a fallu augmenter les surfaces de production, étant donné que le commerce avec l’Afrique ne suffisait plus à rassasier l’occident, désormais « addict » au café. Il a donc fallu élargir les zones de plantation. Le mouvement fut initié par la Compagnie des Indes Orientales, qui a introduit le café à l’île Bourbon (La Réunion actuelle) en 1717.
Le saviez-vous ?
L’île de la Réunion détient désormais le plus cher et réputé des cafés : le Bourbon Pointu, qui est vendu à 459€ le Kilogramme.
Le saviez-vous ?
La production de café en Amérique du Sud reposait sur la pratique de l’esclavage, qui ne sera aboli qu’en 1888. En effet, que ce soit l’esclavage ou le café, ils sont tous deux d’importants vecteurs du commerce triangulaire.
D’une manière générale, les pays producteurs de café se situent dans une bande de ±30° de latitude autour de l’équateur. En effet, le café a besoin d’un climat chaud et humide avec une alternance de pluies abondantes (cf. la première visualisation ci-dessus), et une température comprise entre 15 et 30°C. Vous pouvez voir sur le slider ci-dessus, le lien entre le climat et la localisation des pays producteurs. Il faut toutefois modérer le propos, en précisant que les plans d’Arabica nécessitent un climat un peu plus frais que les plans de Robusta. L’Arabica, est donc plus souvent cultivé en altitude, sur des terrains montagnards et vallonnés, tandis que le Robusta est cultivé dans des plaines et offre des rendements bien plus élevés. Cela se traduit par une différence de prix notable. Au 21/12/22 à 18h, un pound de Robusta (450 g), valait 0.88€, tandis qu’un pound d’Arabica coûtait 1.97€.
Merci à Mathis pour m’avoir fourni ce magnifique Iframe !
Bien que 77 pays dans le monde produisent du café, les quatre plus gros producteurs de café sont respectivement le Brésil, le Vietnam, la Colombie et l’Indonésie ; et produisent à eux seuls plus de 65% de la production mondiale de café. Cette dominance de ces pays s’explique par le fait qu’ils ont pris le tournant de l’agriculture intensive, industrialisée, et sa transformation est mécanisée. En effet, la culture du café reste dans la grande majorité des cas, artisanale, et ne dépasse généralement pas les cinq hectares par exploitation. L’agriculture intensive (principalement de Robusta), a pour effet de maximiser les rendements. Toutefois, même si la progression est incontestable, elle est encore plus importante au Brésil, au Vietnam, et en Chine. Ces résultats sont liés à l’augmentation de l’utilisation de pesticides, ce qui pose la question des conséquences sociales et environnementales, mais nous y reviendrons plus tard. A noter qu’il est très difficile de trouver des données et des informations sur les pesticides. En outre, le fait que le Robusta n’ait pas besoin d’ombrage, les haies de bocages sont abattues, et encourage l’implantation de grandes parcelles de monoculture, ce qui à terme, à tendance à appauvrir le sol jusqu’à ce qu’il devienne stérile. Les pesticides ne sont pas étrangers à cette conséquence. Enfin, l’utilisation de plants de café génétiquement modifiés (OGM) implique des meilleurs rendements, car ils sont plus résistants aux nuisibles, à la chaleur, au manque d’eau (…), mais ils sont aussi de moins bonne qualité, et leurs effets sur la santé sont encore mal connus. La Chine, est l’exemple parfait de cette production 2.0 de café. En effet, la carte et le graphique ci-dessous nous montre l’évolution des rendements. On peut voir que la Chine passe d’un rendement très faible, à première du classement, et ce en seulement 19 ans. On peut voir la tendance globale à l’amélioration des rendements.
Vidéo facultative sur le tour d’horizon de la production et la consommation de café dans le monde ⬇
Qu’est-ce qu’un rendement agricole ?
En agriculture, on appelle habituellement rendement la quantité de produits récoltée sur une surface cultivée donnée. Il correspond à un rapport entre ce qui est produit dans un agrosystème et ce qui est apporté. Il est souvent exprimé en quintaux métriques (1 q = 100 kg) par hectares pour les grains.
Ce graphique met en avant la corrélation entre les rendements (moyenne lissée sur trois ans), la superficie récoltée, et la production entre 1961-2020.
Premièrement, les trois variables étudiées augmentent significativement.
Nous avons étudié la relation statistique des trois variables en suivant faisant la corrélation de Pearson. Voici les résultats :
La superficie est corrélée à la production à 69 %. Plus on a une grande parcelle, plus on produit de café.
La superficie est corrélée aux rendements à 75 %. Ça confirme bien l’hypothèse disant que l’augmentation des rendements, se fait dans les endroits où la production devient industrielle.
Enfin, les rendements sont corrélés à la production à 86 %.
Ci-contre, une carte des flux montrant la destination de la production de café des cinq plus gros producteurs de café en 2020, entre 1961 et 2020.
D’un point de vue spatial, on retrouve le phénomène de tropicalisation de la production de café, mais aussi de littoralisation. En effet, la proximité à l’océan, implique des précipitations conséquentes en fréquence et en intensité, issues de l’évaporation de l’eau océanique, et de l’évapotranspiration des forêts tropicales.
Aussi, nous pouvons voir que la destination des productions est quasi-systématiquement l’Europe, les USA et le Japon. Toutefois, la Colombie exporte la grande majorité de sa production aux USA, certainement pour des raisons de proximité entre les deux pays. Idem pour la production éthiopienne qui est envoyée en Arabie Saoudite.
Ainsi, nous avons fait un tour d’horizon des pays exportateurs, mais qu’en est-il des pays qui importent ces fameuses graines de café ?
Cette carte issue de l’Organisation Internationale du Café, situe la localisation des principaux pays producteurs, et consommateurs de café.
L’Organisation internationale du café (OIC) est une organisation intergouvernementale créée en 1963 avec l’appui de l’ONU. Elle a pour but de soutenir les producteurs de café dans le développement durable et dans les technologies de leurs exploitations, dans le but de réduire la pauvreté dans les pays exportateurs. Pour ce faire, elle aide les petits producteurs à créer des coopératives et à développer des stratégies communes. Elle s’efforce également d’améliorer la qualité du café et de rendre le marché plus transparent en publiant des données fiables.
Toutefois, certains pays ayant un rôle important dans l’industrie du café n’y font pas partie, tels que les USA, le Canada et l’Australie, qui sont respectivement 1er, 10ème et 18ème importateurs. La Chine, 14ème pays producteur n’y adhère pas non plus.
Comme dit précédemment, les pays consommateurs de café sont essentiellement les anciens pays industrialisés et occidentaux. « Près des trois quarts des importations se concentrent en Amérique du Nord, en Europe, et peut être plus surprenant au Japon » (C. Grataloup). Ces pays sont en moyenne plus riches, situés la plupart du temps dans l’hémisphère nord (exit l’Australie). Les huit plus gros importateurs, en termes de tonnage sont dans l’ordre décroissant les USA, l’Allemagne, l’Italie, le Japon, la Belgique, l’Espagne et enfin la France. On peut aussi constater la forte augmentation de la consommation européenne de café à partir des années 1980.
Toutefois, si l’on regarde la consommation par habitants (en kilogrammes par habitants), on voit que ce sont les pays de l’Europe du Nord qui consomment le plus de café. En effet, les pays scandinaves, qui se trouvent loin des tropiques, sont les champions de la consommation de café de haut de gamme, avec environ 7 kg par personne et par an. Bien que la longueur des nuits hivernales de la région puisse avoir un impact sur cette consommation élevée de café, il ne faut pas généraliser, car la latitude n’est pas le seul facteur déterminant pour la consommation de café. En effet, les Scandinaves boivent autant de café en été, qu’en hiver, lorsque les nuits sont très courtes.
L’industrie du café implique des conséquences économiques importantes à différents niveaux. En effet, pas moins de 125 millions de personnes vivent de la culture du café, dans une cinquantaine de pays tropicaux et subtropicaux. La très grande majorité des paysans exploitent moins de 5 hectares, et vendent leur production à l’exportation. Ils touchent environ 5% du prix d’un paquet de café moulu. Il ne faut pas oublier les emplois industriels et les emplois indirects de la logistique et de la distribution du café. La production de café peut contribuer de manière significative au PIB de ces pays et peut être une source de travail pour de nombreuses personnes (cf. carte ci-dessous).
La production de café peut également avoir un impact économique sur les communautés locales qui dépendent de la caféiculture pour leur subsistance. La culture de café peut être une source de travail et de revenus pour les travailleurs locaux, et peut contribuer à l’économie locale en général. Aussi, certaines régions ne vivent quasiment que de cette culture. Cependant, il est important de noter que les travailleurs du café sont souvent peu payés et sont exposés à des conditions de travail difficiles et parfois dangereuses. Cela pose la question du commerce équitable, mais nous en reparlerons.
Ensuite, la production de café a également un impact économique sur les entreprises qui achètent et vendent du café. Le café est un produit de grande demande et est acheté et vendu par de nombreuses entreprises à différents stades de la chaîne de production. Le prix du café peut fluctuer en fonction de nombreux facteurs, tels que les conditions climatiques, les coûts de production et la demande du marché. Ces fluctuations peuvent avoir un impact sur les entreprises qui dépendent du café pour leur activité, ainsi que sur les consommateurs qui achètent du café.
Ci-contre, nous avons le cours du café en dollars par livres (450 grammes). Comme souvent, les variations de prix sont liées à des évènements notoires, à commencer par les aléas météorologiques, ou géopolitiques, législatifs (interdictions de pesticides…) ou spéculatifs. Ci-contre, nous voyons que le cours du café est cyclique, et peut varier de un à quatre. La production étant essentiellement localisée dans des pays pauvres et parfois instables politiquement, l’ampleur de ces variations de prix génère un stress important dans l’économie de ces pays. C’est la raison pour laquelle ils ont essayé de diversifier leurs sources de revenus, et ainsi de se libérer de leur trop grande dépendance économique vis-à-vis de la production de café.
Par exemple, la carte ci-dessous montre la part de la richesse issue de la production de café par rapport au PIB, sur la période de 1961 à 2020. Il est important de constater qu’à certaines périodes, des pays comme l’Ouganda, le Salvador, le Nicaragua ou encore la Côte d’Ivoire, sont significativement dépendant de la production de café, ce qui leur pose un problème de gestion du risque économique et social (cf. courbe ci-contre). Sur la carte, on voit la réduction généralisée de la dépendance à la richesse issue de la production de café des pays exportateurs, surtout à partir des années 1980. Ce phénomène s’explique par le développement économique de ces pays, et par la diversification de leurs activités productives. Ainsi, la croissance économique de ces pays est souvent élevée ≃ 3.5% sur la dernière décennie (Banque Mondiale).
Le Fairtrade est un mouvement international qui vise à améliorer les conditions de vie et de travail des producteurs de café et d’autres produits agricoles dans les pays en développement. Le système de commerce équitable permet aux producteurs de recevoir un prix équitable pour leurs produits, qui couvre leurs coûts de production et leur permet de vivre décemment. Il garantit aussi un salaire minimum pour les travailleurs et des conditions de travail sûres et équitables.
En achetant du café Fairtrade, les consommateurs peuvent être sûrs que les producteurs ont été payés de manière équitable pour leur travail et que le café a été cultivé de manière durable. Les producteurs de café Fairtrade sont également tenus de respecter les normes en matière de durabilité environnementale et sociale, qui visent à protéger les forêts, les sols et les droits des travailleurs.
De plus, les producteurs de café Fairtrade bénéficient d’un accès à des services tels que la formation technique, les financements et les services de développement pour améliorer leur production et leur rendement. Ils ont également la possibilité de participer à des projets communautaires qui améliorent les conditions de vie de leur communauté, tels que des projets d’éducation, d’accès à l’eau potable et de soins de santé.
Enfin, Le Fairtrade est un système de certification qui assure aux consommateurs que les producteurs ont été rémunérés de manière équitable pour leur café, et que des normes élevées ont été respectées pour protéger les travailleurs et l’environnement. Cela permet aux consommateurs de faire des choix éthiques en achetant des produits qui ont un impact positif sur les producteurs et les communautés dans lesquelles ils vivent.
En somme, le Fairtrade joue un rôle important dans la production de café en garantissant que les producteurs reçoivent un prix équitable pour leur travail, qu’ils respectent des normes élevées en matière de durabilité environnementale et sociale, et qu’ils bénéficient d’un accès à des services pour améliorer leur production et leur rendement. Il offre ainsi une alternative plus juste aux systèmes commerciaux classiques
La production de café peut avoir un certain nombre de conséquences environnementales, négatives, mais aussi positives, selon la manière dont elle est gérée.
Cependant, il est important de noter que la production de café peut également avoir des effets positifs sur l’environnement si elle est gérée de manière durable. Les caféiculteurs qui pratiquent l’agriculture durable peuvent protéger l’environnement en utilisant des méthodes de production respectueuses de l’environnement, telles que la lutte biologique contre les ravageurs et l’utilisation de compost pour fertiliser les sols. De plus, les forêts de café peuvent être des habitats importants pour de nombreuses espèces animales et végétales. En travaillant de manière équitable avec les communautés locales et en veillant à ce que les travailleurs du café soient correctement rémunérés et traités, les entreprises de café peuvent contribuer de manière positive à l’environnement et à la société.
Enfin, nous l’avons vu, la production de café est un cas d’école dans l’étude de la mondialisation au sens large du terme. En effet, le produit étant issu d’une région particulière (les hauts plateaux éthiopiens), sa consommation a été rependue dans tout le monde musulman grâce au rayonnement de La Mecque. À partir de là, sa propagation dans le monde occidental a commencé, et n’a cessé de croître. Ajouter à cela le fait que la production se fait exclusivement dans la zone de 30° autour de l’équateur, on a donc un déséquilibre total entre les producteurs et les consommateurs. Une fois que l’on a dit cela, il s’agit de s’intéresser aux failles de ce système. En effet, les éléments de ce dernier sont souvent dépendants les uns des autres.
À première vue, les pays producteurs sont dépendants de la richesse issue de l’exploitation de café. En effet, certains pays sont très dépendants à cette source de revenu, comme l’Ouganda en 1980, dont plus de 27 % de son PIB est issue de la production de café. À ce moment-là, la dépendance poussée à son paroxysme a vraiment été dangereuse pour ce pays. Si un élément tiers venait perturber la demande, ou la capacité du pays à la satisfaire, l’économie de ce dernier pourrait être remis en cause. Aussi, cet effet de dépendance est accentué par le fait que les producteurs sont peu payés, puisqu’ils touchent cinq pour cent du prix final d’un paquet de café. Le développement du commerce équitable paraît donc important pour mieux rémunérer ces producteurs. Toutefois, cela impliquerait une hausse du prix final d’un paquet, ce qui impacterait non seulement les consommateurs occidentaux, mais aussi le marché. En effet, à la vue de la forte variation positive de la production de café de l’Indonésie, mais aussi de la Chine, cette hausse des prix des autres producteurs reviendrait à les exclure du marché, puisqu’ils ne seraient plus en mesure de rivaliser avec les prix bas de l’Indonésie et de la Chine.
À l’inverse, les pays consommateurs sont dépendants de la production des pays (sub-)tropicaux, n’ayant pas de production domestique. Il s’agit donc, pour les industriels du café, de jouer sur la spéculation à la manière de l’OPEP. En effet, le fait que le cours du café soit aussi volatil, est la conséquence de cette spéculation, mais aussi du prix de l’énergie, et des aléas climatiques et météorologiques.
Ainsi, comme nous l’avons vu, nous avons une dépendance réciproque entre les pays consommateurs et les pays producteurs. Cependant, la dépendance de ce dernier reste bien plus grave pour l’économie locale, que l’est la dépendance des pays consommateurs.

Pour cet aspect, nous avons dégagé cinq types de relation entre les entités :
Cela dit, tout part des producteurs, qui exercent leur métier sur les plants de café, et sur la cascade d’étape de production qui en découle, avec la récolte, le séchage ou le lavage, la torréfaction et le broyage. Le producteur exerce son métier lors de l’utilisation des pesticides, qui sont répandus dans la production de café. Les pesticides font varier les rendements.
Une fois les graines de café broyées, on obtient la production de grains de café, représentée ici par l’entité du même nom, qui est vendue est transportée aux industriels tels que Nestlé ou encore Lavazza… Il y a donc un flux monétaire qui va des industriels aux producteurs, qui touchent en moyenne 5% du prix final d’un paquet observé en magasin. Ainsi, ces derniers exercent leur rôle en conditionnant le café, soit en sachets, en capsules ou autre. À noter que ce conditionnement ne s’effectue que rarement dans les pays producteurs. Ensuite, le café conditionné est vendu aux enseignes de la grande distribution. Cela implique la vente et le transport de la marchandise et un flux monétaire de ces derniers vers les industriels. La grande distribution vend ensuite le café aux consommateurs, qui représentent aussi la demande. Les consommateurs payent bien sûr leur café aux enseignes de la grande distribution.
Les consommateurs font infuser leur café pour le consommer, et cela peut impliquer une addiction, qui augmente la consommation et donc la demande. On a donc ici une boucle de rétroaction. On voit une flèche jaune qui part des consommateurs et qui va vers la production de grains de café, en passant par les industriels, le conditionnement et la grande distribution.
En haut à gauche du diagramme, on voit la partie économique. En effet, on voit que le cours du café est impacté par diverses entités, telles que le coût du transport via le prix de l’énergie ; la variation de l’offre qui est liée avec les rendements ; mais aussi les consommateurs qui, comme dit précédemment, constituent la demande.