Chacun des processus évoqués plutôt ont des conséquences, et celles de la montée des eaux sont multiples. A l’échelle mondiale, tous les pays sont touchés par la montée du niveau de la mer, néanmoins, plusieurs facteurs conditionnent l’importance de ces impacts. La situation géographique, climatique, démographique, urbaine et d’autres expliquent une différenciation des impacts globaux de la montée des eaux. Si l’on veut mettre en évidence les facteurs qui structurent le risque face à la montée des eaux, la distinction entre effet de structure naturelle et anthropisation de l’espace est de mise. Aussi, le risque découle des conditions de vulnérabilité d’un espace, ainsi les facteurs socio-économiques ont un lien direct avec les impacts de la montée des eaux.
La dilatation de l’eau est l’une des externalité négative associée au processus de montée des eaux et provoque l’acidification des océans, elle-même à l’origine de la perte importante d’écosystèmes. Ceux-ci ont plusieurs fonctions écosystémiques.
La faune aquatique peut tout d’abord représenter non seulement un enjeux économique mais certainement un enjeu de subsistance pour les populations. Plusieurs Etats vivent encore par la pêche sauvage, or l’acidification et le réchauffement des océans changent les environnements habituellement parcouru par la faune aquatique. Celle-ci ne peut pas nécessairement s’y adapter, mettant ainsi en péril la sécurité alimentaire de certaine population.
La modification de l’habitat peut être une conséquence de la modification de la flore aquatique locale. De nombreuses zones de végétation constituent l’habitat d’espèces aquatiques ou terrestres. C’est le cas des coraux représentant seulement 0,25% de notre planète, ils sont l’habitat de près de 2 millions d’espèces, soit un lieu de biodiversité inestimable. Ceux-ci subissent de plein fouet le réchauffement et l’acidification des océans. Ce sont sans doute les pratiques de pèches et d’autres activités humaines qui l’impactent le plus. La pèche à la dynamite, au cyanure, son exploitation détruits les coraux, et les déchets industriels les étouffent. Leur disparition met en danger la faune mais également les littoraux. Positionner comme barrières sous-marines les coraux agissent comme des ralentisseurs, ou casseur de houle qui pourrait endommager, éroder le trait de côtes et voire en provoquer son recul. Ce processus est également contré par les zones de végétation qui jouent un rôle de tampon, et d’interface entre océan et terre. Les mangroves sont particulièrement touchées par l’acidification des eaux, leur réchauffement et la montée des eaux. Associée à la pression anthropique qu’elles subissent leurs services écosystémiques fournis s’amenuisent.
La perte de telles zones tampons signe le début de la montée des eaux et du processus d’érosion du trait de côte sur des territoires encore épargnés. Il est évident que les plages de sable fin ont toujours été sujette aux modifications du fait des courants marins, provoquant leur déplacement et/ou leur accumulation.
Ce même processus s’aggrave à mesure que la montée du niveau de la mer et des évènements météo-marins sont de plus en plus fréquents. En effet, l’intensité de précipitations de plus et de neige devrait augmenter mettant en cause le réchauffement climatique. La relation thermodynamique de Clausius-Clapeyron l’explique : la quantité d’eau sous forme de vapeur présente dans l’atmosphère augmente avec la température. Alors une montée globale des eaux, va provoquer, lors de tempêtes des vagues de submersions plus importantes sur les côtes. C’est dans ce contexte que la situation géographique et donc climatique peut jouer un rôle considérable dans les conséquences de la montée des eaux.
Au regard de ces conséquences à l’échelle globale, il ressort des cas particuliers de pays qui disposent de temps de réaction bien moins importants que d’autres. Il est ainsi évident de mettre en avant le caractère d’urgence auquel ces pays font face.
Les espaces insulaires sont les plus vulnérables face au processus de changement climatique car ils subissent les mêmes effets que les autres pays, mais avec des conséquences plus marquantes au vu de leurs faibles surfaces émergées. On peut distinguer différents types d’espaces insulaires, mais les atolls, par exemple cumulent les externalités négatives du changement climatique, qui ne font qu’aggraver le processus de montée des eaux sur le territoire.
En effet, leur position géographique, et leur situation d’isolement, les rendent économiquement plus fragiles. Néanmoins, ce n’est pas pour leur situation ambiguë entre pays du Nord et pays du Sud que l’étude de ces pays est intéressante dans le cas des externalités négatives du changement climatique. On ne peut parler de la montée des eaux sans évoquer les petites îles. Face aux externalités négatives du changement climatique, ces pays disposent d’un temps de réaction bien moins important que d’autres. Il est ainsi évident de mettre en avant le caractère d’urgence auquel ces pays font face. Dans son dernier rapport, le GIEC dédie un chapitre pour ces cas particuliers que sont les îles. Au vu de la faible surface de leur territoire, l’accélération du processus de montée des eaux expose plus rapidement et de façon plus directe les habitants de ces îles, à des risques qui prennent une dimension différente par rapport aux autres territoires. (nombres d’habitants exposé dans le monde)
A la manière des autres territoires, en revanche, on distingue les structures naturelles et les facteurs anthropiques aggravants les impacts de la montée des eaux.
A la différence des autres pays, les structures naturelles sont les premiers facteurs aggravants pour les petites îles. On distingue différents types de petites îles qui les exposent à différentes trajectoires de vulnérabilités. Ces distinctions dépendent d’une multitude de facteurs, dont le principal est son origine géologique. On différencie les îles d’origine corallienne et celles d’origine volcanique. Respectivement basses et hautes, l’origine géologique joue un rôle considérable dans la vulnérabilité des territoires face à la montée des eaux. Les îles basses, sont caractérisées par de faibles surfaces émergées dont l’altitude ne dépasse pas les 4 m d’altitude, et entre 200 m et 1000 m de largeur, soit des bandes de terres relativement étroites.On y note aussi une instabilité sédimentaire rendant les côtes sensibles à l’érosion.
Tandis que les îles hautes sont issues de la succession d’éruptions sous-marines remontant à la surface. Une île volcanique est donc constituée de l’accumulation de roches volcaniques, on y trouve des reliefs marqués. A nouveau, on peut distinguer différents types d’îles volcaniques, celles issues de la subduction entre 2 plaques tectoniques, lors d’un rift océanique, ou encore celles situées sur un point chaud.
D’autres facteurs s’ajoutent à celui de la nature géologique de l’île. Leur situation géographique les expose généralement aux évènements météo-marins extrêmes, qui deviennent de plus en plus fréquents avec le dérèglement climatique.
Le cumul d’impacts d’évènements tropicaux et extratropicaux à plus de conséquences sur de faibles surfaces émergées car la montée des eaux n’est pas un processus unique, il est souvent accompagné d’autres processus. Parmi ceux-ci, les vagues de submersion mettent à mal l’équilibre fragile d’un territoire comme les petites îles. En effet, un niveau globalement plus haut de la mer conduit à des houles maximales plus importantes qu’auparavant. Lors de tempêtes, les houles sont plus hautes et plus fortes, s’introduisant plus loin dans les terres.
Ces mêmes événements apparaissent comme plus destructeurs pour de tels territoires. D’abord puisque les îles sont plus nombreuses dans les espaces de formations de cyclone ou de typhons, mais surtout car son impact, peu importe sa puissance, peut affecter toute la surface du pays. Les conséquences affectent alors toute la surface du territoire, pouvant donc immobiliser le pays.
Il est évident que les facteurs naturels conditionnent le plus, les impacts de la montée des eaux dans le cas des petites îles. Néanmoins certains facteurs anthropiques peuvent jouer un rôle. Alors contrairement aux territoires évoqués précédemment, ce ne sont pas les structures anthropiques comme le tissu urbain ou la densité qui déterminent la vulnérabilité d’un espace. Ici ce sont plutôt les usages anthropiques des territoires qui sont mis à mal par le changement climatique, et donc dans une logique de cause à effet, la subsistance des habitants de ces pays.
A nouveau, ce sont les processus liés à la montée des eaux qui ont le plus d’externalités négatives. Dans un premier temps, c’est l’augmentation globale de la température de l’eau qui a des conséquences sur les habitats marins, et les écosystèmes qui les constituent. Il faut savoir qu’une fois atteint, le seuil de température de 30°C les coraux expulsent les zooxanthelles et blanchissent. D’autres processus ont des conséquences sur les coraux tels que l’acidification des océans entraînant l’augmentation de la teneur en CO2 des eaux océaniques provoquant une chute de calcification de nombreux organismes. C’est le cas des coraux qui représentent non seulement l’habitat d’une biodiversité spécifique, mais aussi les espaces de développement des espèces dont la subsistance des habitants des îles dépend. Les usages des espaces marins représentent une partie importante de l’économie des îles. Ainsi, une perte de ressources halieutiques entraîne un déséquilibre.
Les conséquences de ces processus aggravent les impacts de la montée des eaux. En effet, le corail agit comme une digue sous-marine naturelle qui casse la vitesse et la puissance de la houle. Les vagues arrivent ainsi moins violemment le long des côtes. Ils participent également à alimenter en sable et en corail les littoraux des îles.
Ainsi, les usages et les équilibres naturels sont bouleversés par un système complexe de processus interdépendants, davantage que par la montée des eaux comme facteur unique, résultant du dérèglement climatique.